Ni d’Eve ni d’Adam – Amélie Nothomb

“Si tu meurs, pars. Si tu souffres, bouge. Il n’y a pas d’autre loi que le mouvement.”

J’ai “rencontré” Amélie Nothomb lors d’un cours de littérature française à l’université pour lequel on devait lire Métaphysique des tubes (pour en savoir plus cliquez ici). Ce livre m’a vraiment plu, pas seulement pour son lien avec le Japon, mais aussi parce que il fait réfléchir sur des questions comme l’identité. Je trouve que ce thème retourne dans l’ensemble de l’oeuvre de cette autrice dont j’aime l’écriture mais pas trop le personnage.  Car elle est, après tout, un personnage, c’est-à-dire, une fiction, à partir de son prénom qui n’est pas Amélie mais Fabienne Claire (jusqu’ici rien de quoi se scandaliser), puis sa date de naissance qui n’est pas 1967 mais 1966 et, enfin, son lieux de naissance qui n’est pas le Japon, comme elle fait nous croire, mais la Belgique. De plus, son style témoigne de son originalité un peu excessive dont le but est, bien évidemment, celui de se faire remarquer. C’est elle meme qui avoue: “J’ai toujours eu le lyrisme mégalomane” (392).

C’est précisément en Ni d’Eve ni d’Adam qu’Amélie prononce ces mots au moment où elle souligne son lien avec le Japon: “Sous ce ciel si bleu, les toits lourds de tuiles en accolade et l’air immobilisé par le gel me disaient qu’ils m’avaient attendue, que je leur avais manqué, que l’ordre du monde se trouvait restauré par mon retour et que mon règne durerait mille ans” (290).* Ici aussi, donc, l’autrice veut remarquer sa naissance japonaise et son attachement à ce pays où elle serait née et où elle a certainement vécu son enfance. Mais, enfin, comme le titre du livre suggère, Amélie n’est “ni d’Eve ni d’Adam”, c’est-à-dire, ni Belge ni Japonaise et, encore une fois (voir Métaphysique), ni homme ni femme. Plutôt, un bambou (ou un tube): “… cette créature hybride que les Japonais ne classent ni arbre ni plante …” (392) ou, mieux, un être pluriel: “Mes identités divers n’ont plus dormi depuis longtemps, voir n’ont jamais dormi. Le sommeil m’avale qui les unit en moi” (404).

Ni d’Eve ni d’Adam raconte l’amour d’Amélie pour le Japon qui se manifeste aussi à travers son koi (goût) pour un garçon Japonais, Rinri. Lui, il est à son tour amoureux de la France, de la langue française et d’Amélie. Les deux finissent par participer à un échange linguistique, culturel et des séntiments. Mais le “goût” d’Amélie, son plaisir, va être puni, exactement comme Eve, punie pour son désir du plaisir. Comme nous sommes au Japon, ce n’est pas le pomme le fruit maudit mais le kaki, bien sûr. Mais Amélie sait comme s’en sortir, elle crois que: “Il n’y a pas d’autre loi que le mouvement” pour fuir la douleur et le malheur.

Je vous conseille aussi le film adapté du roman, Tokyo Fiancée (2014) par Stefan Liberski (vous trouvez le trailer ici). Surtout en ce qui concerne le final je l’ai trouvé meilleur par rapport au roman et, en général, il s’agit d’une très bonne adaption.

Amélie et Rinri

*  Le Japon d’Amélie Nothomb, un recueil publié par Le Livre de Poche en 2015 . Il s’agit d’une édition très jolie contenue dans une sorte de coverture en plastique et avec la reliure visible sur le dos du livre. Pour une lecture chronologique je vous conseille de partir de Métaphysique des tubes, puis Ni d’Eve ni d’Adam, à suivre Stupeur et tremblements et, enfin, La Nostalgie heureuse.

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